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Les rues du Bourg

Ce nom pourrait provenir d’un surnom porté notamment par Menion Colat au milieu du XVIVème siècle.

Comme dans tous les villages, les surnoms, jadis étaient nombreux.

En voici quelques-uns particulièrement éloquents :

  • Anjou : ancien du régiment du même nom.
  • Coupet : mesure pour les grains et farines. Il est marchand.
  • Broquillou : joueur de flûte avec ses rubans.
  • Carrasquet : bavard comme la pie !
  • Estafette : porteur de plis.
  • Fray cordier : proche des franciscains ?
  • Mousquet : il aime la poudre !
  • Majesterou : un bel homme !
  • Moniquet : petit moine
  • Pasquinet : né le jour de Pâques
  • Pedas : mauvais savetier
  • Pinte : il boit sec !
  • Tambouri : tambourinaire

 

 

 

Carret des Espelans

 

Chemin des Charpentiers

 

La ruelle des fosses des tanneurs.

Ils étaient installés après les dernières maisons au nord du Bourg, à cause des odeurs nauséabondes que répandaient les peaux placées dans les fosses. Elles y restaient plusieurs mois dans un bain de tanin (écorce pulvérisée de chêne vieux de dix ans, aux propriétés astringentes qui se combinant avec la gélatine des peaux les rendaient souples et imputrescibles).

On fraudait beaucoup dans ce métier ainsi qu’en témoigne une ordonnance du 3 juin 1370 du prévôt des marchands de Paris en des termes que l’on ne pourrait rejeter aujourd’hui :

" A la tannerie tous les bœufs sont vaches et à la boucherie toutes les vaches sont bœufs. On trompe partout ; on donne aux choses qu’on veut faire passer le nom qui est le mieux reçu ".

Les " Cagots ", en béarnais " chien de goth ", constituent, dès le Xème siècle, un peuple de parias chargés de tous les péchés et on les a souvent confondus avec les lépreux. Leur origine reste un mystère : esclaves ramenés des croisades, arabes en détresse après la défaite de Poitiers, maures chassés d’Espagne ?

Ils sont parqués dans des réserves et portent la patte d’oie rouge en signe d’infamie. A Campan, ils occupent la rive droite de l’Adour. Ils n’ont jamais été totalement exclus, bien qu’ils aient à l’église leur propre bénitier et leurs bancs réservés. Et pour cause ! Artisans remarquables en tissage et charpente " les maistres charpentiers " sont présents à l’église et à la halle. Leur intégration s’effectue lentement, marquée en 1685 par le mariage d’un cagot et d’une campanoise et en 1692 par l’édification de leur propre chapelle dans le pré voisin du pont…

A la mémoire de Pierre Castaède " Fustier de Campan, travaillant à la Cathédrale de Tarbes, qui tomba d’un échafaudage et mourut "…

 

 

 

 

Tire son nom de l’abri destiné aux usagers du tramway qui circula dans la vallée depuis Bagnères jusqu’à Artigues entre 1916 et 1936.

Le 21 mai 1921, un déraillement à Gripp provoqua la mort de dix personnes, tous boulangers de Bagnères et Campan, venus fêter la Saint Honoré, leur patron, à l’Auberge Danglade.

Aucune explication satisfaisante n’a été fournie à ce jour sur ce " cor ".

Il pourrait s’agir d’une corne d’appel que Bailac, (garde des forêts : le Bedallier ?) utilisait pour alerter les habitants en cas de danger… ou peut-être pour rassembler des chasseurs au " chemin des trappes " (au Layris) où les loups étaient capturés.

 

Après 20 ans de service dans les armées de la Révolution et de l’Empire, l’héroïque petit tambour, car, dans tous les combats il était toujours en première ligne, retrouve indemne sa chère vallée.

Au nom de la Police Générale de l’Empire, le maire Dumont, lui délivre son passeport, " invitant les autorités civiles et militaires à le laisser circuler librement entre Campan et la ville de Bayonne et de lui donner aide et protection en cas de besoin… "

En 1857, à 81 ans, il reçoit avec ses 44 compagnons d’armes, la prestigieuse médaille de Sainte-Hélène, instituée par Napoléon III.

 

(C) 2001 Joanicarre. Tous droits réservés. Photos : Miguel Bravo - Texte : Jean-Jacques Agostini